Morphologie des terrains et maladies diarrhéiques à Yaoundé (Cameroun) : un essai de géomorphologie médicale en milieu urbain tropical Volume 1, Numéro 2

Landforms and diarrheal diseases in Yaoundé (Cameroon): A medical geomorphology approach in a tropical urban setting

NGUENDO YONGSI H. Blaise


Résumé : Les maladies diarrhéiques constituent un problème majeur de santé publique pour la plupart des pays en développement, et le Cameroun n’y fait pas exception. En dépit d’une morbidité et d’une mortalité élevées et constantes du fait de la co-infection avec d’autres pathologies (rougeole, infections respiratoires aigües, malnutrition et sous-nutrition chroniques, paludisme, etc.), l’endémie diarrhéique demeure insuffisamment documentée au Cameroun. Cette étude vise à objectiver les facteurs de risques environnementaux des maladies diarrhéiques, en l’occurrence l’influence des caractéristiques des sites de résidence sur l’occurrence des diarrhées. Il s’agit d’une étude épidémiologique transversale sur la situation diarrhéique des enfants âgés de 6 à 59 mois à Yaoundé. Cette étude a porté sur 3 034 enfants répartis dans 20 des 105 quartiers de résidence que compte la ville, et s’est appuyée sur des méthodes de statistique exploratoire et sur les outils et techniques des systèmes d’information géographique. L’enquête médicale a révélé un taux de prévalence moyen urbain de 14,4%. Parmi les facteurs de risques testés, la forme des terrains occupés par les habitations est apparue comme un facteur de risque important des maladies diarrhéiques dans la ville de Yaoundé. L’usage des SIG a permis de voir que les niveaux de prévalence des diarrhées variaient statistiquement d’une forme de relief à une autre. Plus intéressant encore, cette étude a montré à une micro-échelle que les niveaux de prévalence des diarrhées variaient selon que les plateaux étaient accidentés ou non, selon que les versants étaient exposés au vent ou sous le vent, et selon que les bas-fonds étaient aménagés à des fins économiques ou résidentielles. La possession de telles informations peut être utile aux décideurs, aménageurs et autres professionnels de la santé qui souhaitent procéder aux ajustements de la politique d’habitat ainsi qu’à l’adoption de mesures préventives ou interventionnelles plus adaptées et efficaces. 

Mots clés :  Facteurs de risque, géomorphologie, disparités spatiales de santé, diarrhées, Yaoundé

 

Abstract: Diarrhoeal diseases constitute a major public health concern for most of the developing countries. In spite of a high and constant morbidity and mortality due to co-infection with other diseases (measles, respiratory infections, acute and permanent malnutrition, malaria, etc.), diarrhoeal diseases remain less documented in Cameroon. The objective of this study was to identify the environmental risk factors for diarrheal disease in the city, and ascertain its spatial distribution. A cross-sectional epidemiological study in 3 034 households with children aged 6-59 months was carried out. Households were (i) selected among 20 representative districts of the 105 that make up the city, and (ii) were georeferenced according to the physical environment of their houses. Medical investigations have revealed that 437 children suffered from diarrheal diseases, i.e. a 14.4% prevalence rate. Among the seven investigated risk factors, housing topography has appeared to be a factor of significant risk in the occurrence of diarrhoeas in the city of Yaoundé. Use of spatial analysis (GIS) techniques made it determine that diarrhoeal diseases varied statistically from one topographic unit to another. Clearly, we found that diarrhoeal rates were higher among city dwellers settled in the marshy areas (wet lowlands), moderate among those settled on the slopes, and low among inhabitants of the plateaus. More interestingly, the study has shown in a micro-scale analysis that the prevalence rates vary according to whether plateaus are made up of hard rocks or of weak ones, according to whether slopes are exposed to the local wet wind or not; and according to whether marshy areas are used for residential purposes, for economic investments, or for crops and farming. Such an outcome is extremely useful for urban development planners and decision makers to whom these maps of risky areas might help to reformulate/adjust their housing or town settlement policies, and to carry out measures targeting medical prevention. 

Keywords: Risk factors, geomorphology, spatial disparities, diarrhoeas, Yaoundé 

 

Plan

Introduction

Cadre spatial

Matériels et méthodes

Résultats et commentaires

Conclusion

 

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INTRODUCTION

Les maladies diarrhéiques sont connues depuis les civilisations anciennes (Galien, 2001). La connaissance de leurs caractéristiques remonte à la haute antiquité grecque où elles étaient considérées comme étant «…des selles liquides et copieuses se faisant à courts intervalles» (Cocheton et al., 1987). Longtemps décrite comme l’émission fréquente de selles trop liquides, la diarrhée s’avère aujourd’hui beaucoup plus difficile à définir tant les critères proposés varient selon les objectifs des études (Buisson, 2001; Woldemicael, 2004). Toutefois, en partant des signes cliniques, la diarrhée se définie par la survenue inopinée, chez un individu en bonne santé, d’un nombre élevé d’émission fécale (plus de trois selles par jour), les selles étant de consistance anormale (liquide ou molle) et en quantité abondante (dépassant en théorie 300 g/jour). Ces selles sont parfois mêlées à des émissions glaireuses ou sanglantes, et associées ou non à un authentique syndrome dysentérique avec faux besoins, ténesmes et coliques. Pour conserver son caractère aigu, l’épisode doit durer moins de 14 jours. Comprises comme telles, les maladies diarrhéiques demeurent un problème majeur de santé publique dans les pays en développement.

Malgré leur imprécision, les statistiques en font une cause importante de mortalité chez les enfants de moins de cinq ans. Les évaluations récentes révèlent qu’environ 1,5 million d’enfants en seraient morts en 1999 sur une proportion d’exposés de l’ordre de 338 millions, dont 209 millions en Asie (Chine exclue), 75 millions en Afrique et 54 millions en Amérique latine (NguendoYongsi, 2007). Au Cameroun, parmi les principales causes de mortalité infantile, elles viennent en première position. Et parmi les principales causes de morbidité, elles se classaient en troisième position avec une prévalence de 13,6% à l’échelle du pays. C’est dire que les maladies diarrhéiques constituent une menace importante pour le pays. Les enfants de moins de cinq ans en sont les principales victimes, en raison de la fragilité de leur organisme souvent affaibli par la malnutrition et bien d’autres maladies associées aux diarrhées comme la rougeole, les parasitoses. En zone urbaine comme Yaoundé, les diarrhées infantiles touchent particulièrement les ménages vivant dans de mauvaises conditions d’hygiène et d’habitat. Ces zones se caractérisent par un accès limité à l’eau potable, un système d’assainissement défectueux et des conditions de logement n’obéissant pas aux normes urbanistiques. La forte croissance démographique qui caractérise la ville de Yaoundé n’est pas de nature à améliorer cette situation sanitaire déjà préoccupante. En effet, le taux d’accroissement annuel moyen de la population de Yaoundé (supposé de 4,5% en 2000) a conduit les nouveaux migrants à occuper tout l’espace urbain non planifié. Ainsi, a-t-on assisté à l’occupation des secteurs non constructibles comme les fonds de vallées et les versants de colline. Focalisant notre travail sur les disparités spatiales de santé en milieu urbain, nous nous proposons ici de mesurer le risque diarrhéique encouru par les enfants de moins de cinq ans à Yaoundé, en fonction des formes de relief qui servent de site aux installations humaines. Nous présenterons d’abord le cadre spatial de l’étude. Nous décrirons ensuite les différents aspects méthodologiques, notamment les données utilisées, les modalités de leur acquisition et de leur traitement. Enfin, nous présenterons et commenterons les résultats obtenus.

CADRE SPATIAL

Située en Afrique Centrale, en milieu tropical à environ 250 km de la côte de l’Océan Atlantique et à la lisière nord de la grande forêt sud-camerounaise, la ville de Yaoundé s’insère dans le bassin versant du Mfoundi. Sa superficie est de 256 km2 (fig. 1). Yaoundé connait un climat de type équatorial guinéen caractérisé par : 1) quatre saisons dont deux saisons sèches et deux saisons de pluies; 2) des précipitations régulières et abondantes (1 600 mm par an);3) une température moyenne annuelle de 23°C. La ville repose sur un socle granito-gneissique très tectonisé (Kuété, 1977). Les formations superficielles se constituent de sols ferralitiques rouges lessivés qui ennoient le socle. La nature et la consistance de ces sols varient en fonction des unités de relief : des sols jeunes du massif montagneux, on passe aux sols ferralitiques évolués du plateau, et aux formations colluviales/alluviales des fonds de vallées (Onguene, 1993).

Figure 1 : Localisation de la ville de Yaoundé au Cameroun

 Figure 1 : Localisation de la ville de Yaoundé au Cameroun

La population de Yaoundé connait une croissance soutenue: 5 865 habitants en 1926 (date du premier dénombrement), 670 720 habitants en 1987, et près de 1 750 000 habitants en 2004. Les différents modes d’occupation du sol par les citadins et l’intervention des pouvoirs publics ont contribué à donner de Yaoundé, l’image d’une ville au tissu urbain double, non diamétralement opposé mais plutôt imbriqué : les quartiers spontanés et les quartiers organisés. Une structuration différenciée de l’espace urbain dont la littérature médicale signale l’existence et la permanence de nombreuses pathologies infectieuses et parasitaires au rang desquelles les maladies diarrhéiques.

MATÉRIELS ET MÉTHODES

Les informations utilisées dans cette étude proviennent d’une enquête menée sur la ville par l’Institut de Recherches pour le Développement (IRD) via le Laboratoire Espace Santé Territoire, en collaboration avec le Centre Pasteur du Cameroun (CPC). Les données de cette même enquête ont été actualisées et complétées par le Laboratoire de Développement Durable et Dynamique Territoriale (LD3T) de l’Université de Montréal. Les faits de santé, qu’ils concernent la mortalité ou la morbidité, sont des faits de société que les géographes, et non plus seulement les professionnels de la santé, peuvent étudier. Lorsque ces faits de santé concernent un ensemble pathologique comme les diarrhées infectieuses dont le développement procède du cadre et des conditions de vie, les prendre comme objet d’étude ne permet pas seulement de contribuer à une meilleure compréhension de la pathologie, mais surtout de participer à une meilleure connaissance de nos espaces de vie, et dans le cas présent, de la ville de Yaoundé. On veut bien savoir si l’urbanisation différenciée de Yaoundé induit des risques sanitaires comme les maladies diarrhéiques. Les questions de recherche se lisent comme suit : quels sont les déterminants environnementaux associés aux diarrhées infectieuses à Yaoundé ? Ces déterminants s’expriment-ils avec la même ampleur sur l’ensemble de l’espace urbain? Dans le cadre précis de cet article, nous voulons montrer qu’à l’instar des autres déterminants identifiés et statistiquement significatifs (Nguendo Yongsi et al., 2008; NguendoYongsi, 2010), le site sur lequel les maisons sont construites est un facteur de risque des maladies diarrhéiques dans la ville. Il s’agit donc ici non pas d’une étude visant l’élaboration d’un système éco-épidémiogène des maladies diarrhéiques, mais d’une recherche qui souhaite développer le modèle spatial des diarrhées associées à un facteur de risque dans la ville de Yaoundé.

COLLECTE DES DONNÉES

Afin de minimiser le risque de confusion entre les diarrhées infectieuses et les selles molles que l’on observe normalement chez les nourrissons, l’enquête n’a ciblé que les enfants âgés de 6 à 59 mois. La liste des participants au sondage a été déterminée à partir des documents des parcelles loties qui figurent sur la carte polyvalente de la ville élaborée par la Communauté urbaine de Yaoundé en 1996 et actualisée par nos soins en 2005. La sélection des enfants s’est appuyée sur un sondage à double stratification. Le premier niveau étant les quartiers et le second les ménages. Au total, 3 034 ménages renfermant en leur sein un enfant âgé de moins de cinq ans ont été sélectionnés et ont fait l’objet de deux types d’enquête: (a) l’enquête qualitative qui s’est appuyée sur une grille d’observation de la configuration du site urbain, et (b) l’enquête quantitative conduite au moyen de questionnaires standardisés. La première a été réalisée par nous-mêmes. Coordonnée par nos soins, la seconde l’a été par des équipes de médecins en fin de formation à la Faculté de médecine et des sciences biomédicales de l’université de Yaoundé I. Après plusieurs jours de stages théoriques et pratiques, ces équipes ont visité les ménages sélectionnés pour recueillir à l’aide de questionnaires standardisés les données relatives au volet médical de l’étude. Ce volet consistait principalement à détecter les cas de diarrhées auprès des enfants des ménages sélectionnés. Ainsi, lorsqu’un cas de diarrhée était déclaré au passage des médecins de l’équipe, un échantillon de selles était prélevé et acheminé selon les exigences en la matière dans les différents laboratoires (de bactériologie, virologie et parasitologie) du Centre Pasteur pour confirmation et identification des germes causaux. Une fois les résultats des différentes analyses médicales obtenus, chaque échantillon de selles confirmé positif était relié au site du logement du ménage auquel l’enfant appartenait. La collecte des données s’est déroulée durant les mois de mai et de juin. Cette période coïncide avec la première saison des pluies au cours de laquelle le mélange de chaleur et d’humidité favorise, le développement d’agents pathogènes responsables de nombreuses maladies infectieuses comme les diarrhées.

TRAITEMENT DES DONNÉES

Toutes les informations collectées lors de l’enquête ont été géo référencées. Toutefois, en vue de leur adaptation à l’analyse spatiale et de la cartographie des résultats, elles ont subi quelques transformations du genre (1) passage du mode vecteur (module ARC) au mode maillé (module GRID), (2) passage d’Arc Info Workstation à Arc GIS. Compte tenu de la nature dichotomique de la variable dépendante (1 = enfant diarrhéique ; 0 = enfant non diarrhéique) et du but de notre travail (variations intra urbaines des diarrhées selon le site du logement), nous avons eu à appliquer le modèle d’analyse bi variée. La variable «modelé topographique » a été appréhendée à partir du site sur lequel se trouve le logement. Compte tenu du caractère accidenté du site, l’indicateur d’analyse renvoie aux trois modalités (unités morphologiques) qui se dégagent du site urbain à savoir: les plateaux, les versants et les fonds de vallées. La construction de cet indicateur spatial, s’est faite en deux étapes : 1) le passage de la forme thématique à la forme spatiale. Un semis de points dans lequel chaque point est connu dans ses trois dimensions latitudinale, longitudinale, et altitudinale a alors été construit (Longley et al., 1999). 2) le passage de ce semis de points (en deux dimensions) à l’information spatiale (en trois dimensions) s’est fait par la méthode mathématique dite Triangulation de Delauney. Le canevas de triangulation se présente sous la forme de petits triangles où chaque point du semis correspond au sommet du graphe. Chaque face de graphe contient des informations comme l’altitude, la valeur des pentes, l’exposition, les formes du terrain, l’ensoleillement.

En vue de définir spatialement les formes de terrain qui composent le relief de Yaoundé, deux couches d’informations dérivées du canevas de triangulation ont été utilisées : 1) celle des altitudes en mètres ; 2) celle des pentes en degré. Ces deux informations se présentant sous forme continue, nous les avons discrétisées pour les besoins de l’analyse. L’histogramme de la valeur des pentes a permis de constituer des classes, des paliers d’égale amplitude. Les paliers ont été découpés en quatre classes de pentes : faibles (≤1.3°), moyennes (1.3°-7.0°), fortes (7.0°-15.0°), très fortes (>15.0°) ; et trois classes d’altitudes: faibles (≤705 m), moyennes (705–800 m) et élevées (>800 m). Ensuite dans une table de conversion, nous avons affecté un code à chaque classe de pente et d’altitude. Suivant le principe d’addition appelé « analyse combinatoire », nous avons obtenu une valeur qui prend en compte les deux informations ci-dessus discrétisées (Tableau 1). Cette table de conversion, nous présente 12 situations détaillées du relief du site urbain de Yaoundé. S’inspirant de certains travaux antérieurs (AssakoAssako, 1998; Tchotsoua, 1993) et des observations de terrain, nous avons ramené ces 12 situations à 6 selon les critères d’altitude et de pente (Tableau 2).

De ce dernier regroupement, nous avons abouti à la détermination des unités morphologiques de Yaoundé : bas-fonds (21 + 13 + 12 + 11), versants (32 + 24 + 23 + 14) et plateaux (34 + 33 + 31 + 22). Ces codes ont été introduits dans le SIG par le procédé d’appariement, c’est-à-dire de correspondance entre le logement enquêté et le modelé topographique du site sur lequel il est bâti.Plusieurs facteurs interviennent dans l’apparition des diarrhées à Yaoundé (NguendoYongsi et al., 2007).

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Source: Enquête PERSAN / Diarrhées infantiles à Yaoundé
Tableau 1 : Table de conversion du relief du site urbain™

La démarche retenue n’étant pas de les hiérarchiser, l’analyse se veut contextuelle c’est-à-dire que la variable « site du logement » a été analysée sans tenir compte des autres variables. Grâce à l’analyse bivariée il a été possible vérifier le niveau d’association entre les deux variables retenues : site du logement et diarrhées.

Tableau 2 : Typologie du relief du site urbain

 Tableau 2 : Typologie du relief du site urbain

RÉSULTATS ET COMMENTAIRES

DISPARITÉS SPATIALES DES DIARRHÉES À YAOUNDÉ

Les traitements statistiques effectués établissent une association entre les unités morphologiques sur lesquelles sont bâties les maisons et la prévalence des diarrhées. Le tableau 3 montre que les enfants des ménages occupant les maisons situées sur des espaces exondés (plateaux et versants) sont moins affectés par les maladies diarrhéiques que ceux dont les ménages occupent les maisons construites dans les bas-fonds inondables.

Tableau 3: Localisation des ménages enquêtés par rapport aux unités topographiques et prévalence diarrhéique

Tableau 3: Localisation des ménages enquêtés par rapport aux unités topographiques et prévalence diarrhéique

La configuration spatiale de ces maladies diarrhéiques s’est faite par simple appariement des données thématiques ci-dessus avec les codes correspondant aux trois unités morphologiques préalablement déterminées. Exemple : Bas-fonds = 21+13+12+11 = 17,3%. Prenant le cas de l’exemple qui précède, il peut paraître prétentieux de penser que tous les bas-fonds présentent le même niveau de prévalence. La figure 2 n’est donc qu’une simulation faite à partir des informations obtenues dans les bas-fonds réellement enquêtés. En lisant les informations sur les disparités spatiales de prévalence des maladies diarrhéiques à Yaoundé, il importe de noter que les bas-fonds marécageux représentent les sites les plus à risques. Comment expliquer une telle situation ?

Figure 2 : Image modélisée de la distribution des diarrhées à Yaoundé, selon les unités topographiques du site urbain

Figure 2 : Image modélisée de la distribution des diarrhées à Yaoundé, selon les unités topographiques du site urbain

LE «CHOIX» DU SITE DU LOGEMENT OU LES RISQUES DU «CHOIX»

Les plateaux de la ville de Yaoundé correspondent aux sommets d’interfluves allongés. Plus nombreux dans la moitié nord de la ville, ils ont été colonisés selon des affectations spatiales précises. Le plateau de Ngoa-Ékellé a une fonction culturelle, car il loge l’Université de Yaoundé I et presque toutes les Grandes Écoles du pays. Celui d’Atemengue jouit de la fonction militaro-politique, car on y trouve le siège du parlement et le quartier général des forces armées camerounaises.

Comparés aux versants et aux bas-fonds, les plateaux de Yaoundé présentent une situation sanitaire plus favorable. Le caractère salubre des plateaux semble lié au contexte pédologique (Khan, 1995). Leur substratum se constitue de gneiss migmatiques et de micaschistes (Pellier, 1969). Les formations superficielles qui le recouvrent se constituent de sols évolués ferralitiques et latéritiques rouges de Minboman, de Bastos et de Nkomo (Santoir et Bopda, 2005). L’analyse granulométrique des sols rouges, épais de plus d’une dizaine de mètres indique un faible pourcentage de la fraction fine. Ils se prêtent bien à l’écoulement des eaux. La toposéquence réalisée sur la crête de Nkolbikok (Figure 3) montre que les interfluves disposent de faciès cuirassés qui limitent le phénomène de stagnation des eaux et d’inondation (Ngoune, 1996 ; Ngo Bidjeck, 1993).

Figure 3 : Toposéquence réalisée sur l’interfluve de Nkolbikok à Yaoundé

Figure 3 : Toposéquence réalisée sur l’interfluve de Nkolbikok à Yaoundé

Comme la surface des plateaux et des collines de Yaoundé connaissent un bon écoulement des eaux, ils se prêtent mal au développement des bactéries aérobies et des parasites à mode de contamination tellurique ou encore aux agents pathogènes responsables des diarrhées (Valérie, 1973). Ainsi s’explique la faible prévalence des diarrhées dans ces sites. Toutefois, d’un interfluve à un autre, les taux de diarrhée varient. Cette variation pourrait être liée à la texture des sols en présence, elle-même liée à l’altitude (Yongue et Éno Belinga, 2001). C’est ainsi que dans le secteur d’Étoudi-Ngousso qui culmine entre 760 et 780 m et qui présente des blocs cuirassés sans possibilité de stagnation ou d’infiltration des eaux, on a enregistré 06,80% de cas de diarrhées ; alors qu’à Ékoumdoum-Mvog Manga qui culmine entre 700 et 740 m avec un matériau argileux, on a relevé 11,20% de diarrhées.

Les versants correspondent aux surfaces inclinées. Ceux de Yaoundé se distinguent par leur disposition en segments d’une allure convexo-concave, qui réduit les risques de diarrhée. Un taux de 14,4% y a été relevé. Une lecture de la distribution spatiale des risques de diarrhées indique que certains versants sont plus touchés que d’autres. Quelques éléments aident à cerner ces disparités. Il s’agit du profil du versant et de l’exposition au vent humide. Au cours de l’opération du calcul des formes de terrain du site de Yaoundé, la commande qui sous ArcInfo génère les formes du terrain, n’a mis en évidence que les versants réguliers, de forme convexe ou concave. Pourtant, à certains endroits comme Ngoa Ékellé et Messa carrière, on trouve des versants réglés ou versant de Richter. Il s’agit de versants rectilignes bien inclinés suivant une pente de 25o à 35o et qui ne montre aucune rupture de pente.

Leur absence sur la carte est en rapport avec l’échelle de la modélisation. Bien que la figure 4 ne le montre pas de manière assez évidente en raison du caractère de l’information (les formes représentées sur la carte ne sont pas des éléments ponctuels comme les points, mais des éléments surfaciques comme les triangles), on constate que les plus faibles taux de diarrhées se rencontrent sur les versants de forme convexe.

Figure 4 : Distribution des ménages diarrhéiques à Yaoundé selon la forme des versants

Figure 4 : Distribution des ménages diarrhéiques à Yaoundé selon la forme des versants

Rien d’étonnant à cela quand on sait qu’à Yaoundé, ils se situent entre les points de rupture de pente (donc proches des sommets d’interfluves) et les points supérieurs de rupture avec les bas de versants c’est-à-dire là où l’écoulement des eaux est bien assuré. En plus, leur revêtement ne se prête point au développement des pathogènes qui dans leur cycle ont besoin du milieu extérieur, en l’occurrence le sol. Ce sont dans certains cas, des versants de roche nue (versants nord et ouest du mont Mbockdoum à l’ouest de la ville), dans d’autres cas, des versants aux parois de dalles rocheuses sans horizon humifère (versants des monts Messa, quartiers Messa Angono et Messa ‘’Bagdad City’’ au nord-ouest de la capitale). En revanche, c’est sur les versants concaves que la prévalence diarrhéique est forte. Cela s’explique par le fait que ces surfaces recueillent les eaux en provenance des sommets d’interfluves. Or, ces eaux ne circulent pas vite du fait de la faiblesse de la pente. Il en résulte une humidité et une insalubrité comparables à celles des zones basses de la ville. C’est le cas du versant nord-ouest d’Akok Ndoué qui domine le quartier périphérique de Nkolbisson.

VERSANTS AU VENT PLUS À RISQUES DE DIARRHÉES QUE LES VERSANTS SOUS LE VENT

Nombreuses sont les publications scientifiques qui tentent d’approfondir les relations entre la pathologie et la météorologie (Besancenot, 1992, Besancenot, 1989). Certaines soulignent les rapports étroits entre le niveau de la morbidité et les changements climatiques (Grall et Clarac, 1920; Laaidi et al., 2004) ; d’autres lient l’augmentation ou la diminution de la virulence de certains pathogènes, leur développement et les conditions météorologiques (Mesnil, 1857; Mazières, 1961). Nous avons ainsi voulu savoir les relations entre l’occurrence des maladies diarrhéiques et l’exposition au vent des versants de collines à Yaoundé. En fonction des résultats de l’analyse biologique des échantillons de selles, l’association que nous avons faite ne concerne que les cas de diarrhées dont les agents pathogènes connaissent une phase de développement externe (dans un milieu humide et chaud) et qui se transmettent par contact direct à partir d’un sol souillé. C’est pourquoi nous n’obtiendrons pas le total de 260 qui est l’effectif total des échantillons de selles analysés. Le tableau 4 montre que les niveaux de prévalence des diarrhées sur les versants de Yaoundé varient selon qu’ils sont ou non exposés aux vents et à l’insolation.

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Tableau 4: Types de diarrhées en fonction de l’exposition des versants à Yaoundé

On constate que les versants exposés au vent humide et au soleil seraient ceux qui présentent les niveaux de diarrhées les plus élevés. Ces versants se trouvent dans la partie occidentale de la ville. Cela pourrait s’expliquer par le mouvement des masses d’air sur l’ensemble du territoire national. Le Cameroun est en effet sous l’influence de deux masses d’air (la mousson humide et l’harmattan). La mousson envahit Yaoundé par le sud, le sud-ouest, l’ouest et le nord-ouest, où elle heurte les hauts reliefs présents et se décharge de son humidité. Quelle que soit la saison, l’hygrométrie varie entre 60-70%. Les températures y montrent plus de douceur que sur le reste de la ville (Lauture, 1963). Il s’y dégage une atmosphère humide et animée de puissants mouvements de convection à l’origine des pluies orographique (Abah, 1974). Cet air humide absorbe l’énergie solaire entre la fin de la matinée et le début de l’après-midi. En clair, une double ambiance climatique rare sur les versants sous le vent, mais propice au développement de certains germes pathogènes sur les versants au vent. Par ce jeu du flux atmosphérique et l’exposition des versants, il devient possible d’avancer que les versants exposés (fig. 5) sont les plus humides et chauds ce qui favoriserait des conditions de développement de micro-organismes responsables des diarrhées. Les micro-organismes concernés sont(i) les ascaris, dont les œufs après émission dans l’environnement, mûrissent plusieurs semaines à une température certes chaude, mais dont le développement et la multiplication sont très liés aux fluctuations des précipitations (Suchel, 1957; Uga et al., 1995), (ii) les giardia, dont les larves ne tolèrent pas les températures très élevées (Onwuliri et al., 1993) des versants plus chauds que humides.

BAS-FONDS MARÉCAGEUX OU SITES À RISQUES ÉLEVES DES MALADIES DIARRHÉIQUES

Les bas-fonds correspondent aux surfaces basses et déprimées (Belosevic et al., 2001). À Yaoundé, ils s’identifient aux dépressions allongées, drainées par des cours d’eau. Aussi parle-t-on tantôt de bas-fonds marécageux, tantôt de vallées marécageuses. À l’image des autres unités topographiques, les fonds de vallées marécageuses de Yaoundé constituent eux aussi des sites à risques pour la santé. Ces risques sont élevés si l’on en juge par le taux 17,1% de diarrhées. Contrairement aux plateaux et aux versants, les fonds de vallées marécageuses de Yaoundé sont un environnement favorable à l’accumulation des eaux polluées et des détritus. Cette accumulation tient à la fois de la configuration même du site et de la texture des sols en présence. Ces eaux chargées d’immondices rejoignent les cours d’eau à écoulement lent qui stagnent par endroits. À la moindre averse, l’inondation devient inéluctable. Ainsi s’accumulent à la surface de la roche saine, des formations alluviales et colluviales. Caractérisées par des mauvaises conditions de drainage, ces formations alluvio–colluvionnaires s’engorgent d’eau. Elles forment les sols hydromorphes, localement appelés « elobi ». Ainsi, de par leurs caractéristiques pédologique et topographique, les fonds de vallées de Yaoundé sont des espaces où s’accumulent des eaux de ruissellement chargées de matières fécales diluées, de micro-organismes responsables de diverses maladies diarrhéiques (Tableau 3). Toutefois, d’un bas-fond à un autre, les niveaux de prévalence varient (Figure 6). Cette variation relève de leur mise en valeur différentielle.

Figure 5 : Localisation des ménages diarrhéiques à Yaoundé, en fonction de l’exposition des versants au vent humide

Figure 5 : Localisation des ménages diarrhéiques à Yaoundé, en fonction de l’exposition des versants au vent humide

 Figure 6 : Potentialités du risque diarrhéique selon la mise en valeur des bas-fonds à Yaoundé

Figure 6 : Potentialités du risque diarrhéique selon la mise en valeur des bas-fonds à Yaoundé

BAS-FONDS AMÉNAGÉS À DES FINS AGRICOLES ET LES RISQUES DES MALADIES DIARRHÉIQUES

Nous avons dénombré une dizaine de bas-fonds aménagés à des fins agricoles. Leur exploitation n’est pas sans conséquence sur la santé des cultivateurs et de celle des consommateurs des produits agricoles. Certes, nous n’avons pas pu identifier des cas de diarrhées qui soient associés aux pratiques agricoles ou à la consommation de produits provenant de l’agriculture des bas-fonds. Toutefois, les résultats des études menées sur d’autres bas-fonds de la ville montrent que les ménages vivant près des bas-fonds agricoles présentaient des cas de diarrhées, ainsi que d’autres pathologies tels le paludisme, la fièvre typhoïde, l’amibiase, la bilharziose (Brunet et al., 1993; Endanama, 2001).

RISQUES DE MORBIDITÉ DIARRHÉIQUE DANS LES BAS-FONDS OCCUPÉS PAR L’HABITAT

Les bas-fonds marécageux de Yaoundé appartiennent aux zones non aedificandi, car indépendamment de la législation qui régit les aménagements spatiaux dans la ville, ils présentent des caractéristiques physiques peu propices à l’installation humaine. Certains quartiers de la ville s’y sont néanmoins développés. Nombreux sont les bas-fonds urbains qui ont ainsi été colonisés par des pauvres hères venus des campagnes pour s’installer en ville avec l’espoir d’y vivre mieux. Ils pratiquent l’agriculture intra-urbaine, l’élevage de case, l’artisanat qui contribuent à dégrader leur cadre de vie (Nguendo Yongsi, 2009). Ceci illustre bien la diversité des situations dans ce type de bas-fonds. Par-delà la diversité des situations, tous ces bas-fonds présentent des caractéristiques qui font d’eux des espaces à risques. La juxtaposition des activités économiques et les habitations créent une promiscuité peu convenable. Ajoutons à cela les inondations permanentes liées à la nature des sols et à la topographie du site, de fortes densités de population et en fin une absence d’équipements urbains.

CONCLUSION

Au cours de ces vingt dernières années, l’espace géographique de Yaoundé a été à maints endroits surexploité par l’homme. Cette surexploitation se manifeste par une série d’artéfacts qui témoignent tous de la capacité des citadins à agir sur l’interface urbaine, de la transformer et d’en user selon ses intentions et ses besoins. Dans la ville, ce phénomène se voit nettement à travers la forte densité de population des plateaux, la colonisation des versants abrupts et l’anthropisation des bas-fonds marécageux. Cette pression spatiale n’a pas été sans conséquence sur les citadins, car en agissant sur l’espace géographique, celui-ci a fini par agir négativement sur eux comme l’illustrent les maladies diarrhéiques. Mais, ces dernières sont inégalement réparties à travers l’espace urbain. Ces disparités spatiales traduisent le caractère différencié de l’urbanisation de la ville, que ce travail indirectement met au jour à travers l’existence des zones et incidemment des populations plus ou moins intensément soumis aux risques de diarrhées. Cette connaissance peut être d’importance pour les décideurs, planificateurs et autres professionnels de la santé qui pourront y trouver matière à réflexion pour la (re)formulation d’une politique de l’habitat urbain d’une part, et pour l’adoption de mesures sanitaires préventives ciblées et efficaces d’autre part.

La démarche découlant de ce travail a été non pas celle de l’établissement d’un système éco-épidémiogène des diarrhées, mais celle de la distribution spatiale de quelques facteurs de risque liés au milieu. Cette approche a commandé le niveau contextuel de cette analyse dont la méthode statistique qui en découle est l’analyse bivariée. Cependant, il semblerait réducteur de vouloir expliquer ou comprendre un phénomène de santé comme les maladies diarrhéiques par un seul facteur de risque (modelé topographique). Ce dernier joue un rôle nécessaire dans la prévalence des diarrhées dans la ville de Yaoundé, mais ce rôle n’est pas suffisant. D’autres facteurs de risques existent et peuvent tout aussi aider à la compréhension de la prévalence diarrhéique. Ainsi, pour une vue cohérente d’un ensemble pathologique aussi complexe, il importe d’adopter une approche systémique à travers une analyse multivariée ou multiniveaux qui intègre dans un modèle, tous les facteurs de risques suspectés. Ce qui pourra permettre de déterminer le poids réel de chaque facteur de risque dans la prévalence de la maladie. Toutefois, le problème de forte prévalence des diarrhées à Yaoundé serait-il une question des bas-fonds ? Ne s’inscrit-il pas dans la problématique générale d’aménagement, mieux du non aménagement de la ville ? En effet, à la suite de ce travail et de quelques travaux qui ont porté sur le développement de Yaoundé sous l’angle de son aménagement, nous avons relevé l’existence de quatre contraintes à son développement harmonieux : la croissance démographique, la non maîtrise du sol, la gestion bicéphale voire multicéphale de la ville et surtout l’absence d’une politique et d’un plan d’urbanisme. Ainsi, nous pensons que si l’on veut parvenir à une gestion cohérente de la capitale et en conséquence réduire les risques de santé, les deux axes principaux suivants sont à prendre en compte : s’orienter vers un urbanisme bien pensé et conférer les pleins pouvoirs de la gestion de la ville aux magistrats municipaux.

 

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Pour citer cet article

Référence électronique

H. Blaise Nguendo Yongsi, «Morphologie des terrains et maladies diarrhéiques à Yaoundé (Cameroun) : un essai de géomorphologie médicale en milieu urbain tropical». Revue canadienne de géographie tropicale/Canadian journal of tropical geography [En ligne], Vol. (1) 2, mis en ligne le 05 décembre 2014, pp. 24-36. URL: http://www3.laurentian.ca/rcgt-cjtg/volume1-numero2/morphologie-des-terrains-et-maladies-diarrheiques-a-yaounde-cameroun-un-essai-de-geomorphologie-medicale-en-milieu-urbain-tropical/

 

Auteur

NGUENDO YONGSI H. Blaise
Université de Yaoundé II
Institut de Formation et de Recherche Démographiques (IFORD)
Milieux, Environnements et Développement Durable
Email: sir_nguendoyongsi@hotmail.com

Volume 1, Numéro 2
ISSN 2292-4108